GUIDE DES LOIS DE L’ONTARIO · S.O. 2018, C. 1

La Loi Rowan : ce que chaque club sportif jeunesse de l’Ontario doit faire

La première loi canadienne sur la sécurité en matière de commotions cérébrales s’applique à toute organisation de sport amateur de l’Ontario servant toute personne de moins de 26 ans. Voici exactement ce qu’elle exige.

CONTEXTE

Qu’est-ce que la Loi Rowan?

La Loi Rowan de 2018 sur la sécurité en matière de commotions cérébrales (Rowan’s Law, 2018) — S.O. 2018, c. 1 — est la loi phare de l’Ontario sur la sécurité en matière de commotions cérébrales, nommée en mémoire de Rowan Stringer, une élève du secondaire d’Ottawa et joueuse de rugby de 17 ans décédée en mai 2013 après avoir subi de multiples commotions cérébrales en l’espace d’une semaine alors qu’elle jouait pour l’équipe de son école. Une enquête du coroner sur son décès a formulé 49 recommandations pour prévenir des tragédies semblables, qui ont servi de fondement à la loi.

La loi est entrée en vigueur le 1er juillet 2019 et était la première du genre au Canada. Elle établit un cadre obligatoire de prévention, de repérage et de gestion des commotions cérébrales dans le sport amateur, et vise toute organisation de sport amateur de l’Ontario où participent des athlètes de moins de 26 ans — peu importe le sport ou le niveau de compétence.

  • S’applique aux organisations de sport amateur de tous les niveaux, pas seulement aux ligues compétitives
  • Vise tout sport où participent des athlètes de moins de 26 ans — avec ou sans contact
  • Les obligations s’étendent à l’organisation, à ses entraîneurs, à ses officiels et à ses athlètes
  • Administrée par le ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport de l’Ontario
PORTÉE D’APPLICATION

Qui doit se conformer?

La Loi Rowan s’applique à toute organisation de sport amateur de l’Ontario — définie largement pour inclure toute organisation ou tout club qui exploite, sanctionne ou facilite le sport amateur en Ontario. Cela comprend :

  • Les clubs et académies de tennis
  • Les clubs de badminton
  • Les clubs de patinage artistique
  • Les académies de danse (lorsque des activités compétitives de type sportif y ont lieu)
  • Les clubs de golf offrant des programmes jeunesse
  • Les clubs de soccer, les clubs de hockey, les associations de basketball
  • Toute installation multisport ou récréative servant de jeunes athlètes

Au sein de chaque organisation visée, les personnes suivantes ont des obligations particulières :

  • Athlètes de moins de 26 ans — doivent attester annuellement des Ressources de sensibilisation aux commotions cérébrales
  • Parents et tuteurs des athlètes mineurs — doivent attester annuellement au nom de leur enfant
  • Entraîneurs — doivent attester et suivre une formation de sensibilisation aux commotions cérébrales
  • Officiels et administrateurs d’équipe — doivent attester et suivre les protocoles de retrait du jeu
OBLIGATIONS LÉGALES

Ce qu’exige la Loi Rowan

La loi impose cinq obligations de conformité distinctes aux organisations de sport amateur de l’Ontario. Les cinq doivent être en place avant que les athlètes ne participent à toute activité sportive. Les références d’articles ci-dessous sont fournies à des fins de repérage; vérifiez-les par rapport à la version consolidée en vigueur de la loi à ontario.ca/fr/lois.

01

Attestation annuelle de commotion cérébrale

Avant chaque saison de jeu, les athlètes de moins de 26 ans, les parents ou tuteurs des athlètes mineurs, les entraîneurs et les officiels doivent chacun attester des Ressources de sensibilisation aux commotions cérébrales de la province. Il ne s’agit pas d’un événement d’inscription ponctuel — l’attestation doit être renouvelée à chaque saison. Une attestation manquante ou expirée constitue un manquement à l’exigence d’attestation annuelle de la Loi Rowan.

Rowan’s Law, 2018, s. 2(1)
02

Code de conduite sur les commotions cérébrales

Chaque organisation visée doit adopter un code de conduite sur les commotions cérébrales propre au club. Le code doit être révisé annuellement et doit identifier la personne désignée, renvoyer aux ressources de la province et énoncer les procédures de retrait du jeu et de retour au jeu. Le ministère fournit un modèle, mais il incombe aux clubs de l’adopter.

Rowan’s Law, 2018, s. 3
03

Protocole de retrait du jeu

L’organisation doit désigner une personne désignée ayant l’autorité explicite de retirer immédiatement du jeu tout athlète soupçonné d’avoir subi une commotion cérébrale. La personne désignée n’a pas besoin d’être un professionnel de la santé — mais elle doit être nommée, formée et habilitée à agir sans pouvoir être contredite par les entraîneurs, les parents ou l’athlète lui-même.

Rowan’s Law, 2018, s. 4
04

Notification obligatoire du parent ou tuteur

Lorsqu’un athlète mineur est retiré du jeu pour une commotion cérébrale soupçonnée, l’organisation doit aviser immédiatement le parent ou le tuteur de l’athlète. L’obligation de notification naît au moment du retrait — et non après qu’une évaluation médicale est terminée.

Rowan’s Law, 2018, s. 4(3)
05

Protocole de retour au jeu avec autorisation médicale

Aucun athlète qui a été retiré pour une commotion cérébrale soupçonnée ne peut reprendre l’entraînement avec contact complet ou la compétition sans autorisation écrite d’un médecin ou d’une infirmière praticienne. L’autorisation doit être accompagnée de l’achèvement du protocole de retour au jeu progressif en six étapes. La progression à travers les étapes doit être documentée.

Rowan’s Law, 2018, s. 5
DÉTAIL DU PROTOCOLE

Le protocole de retour au jeu en 6 étapes

Les athlètes doivent franchir chaque étape avec succès — au moins 24 heures par étape sans réapparition des symptômes — avant de passer à la suivante. Un athlète ne doit pas sauter d’étapes. Une autorisation écrite d’un médecin ou d’une infirmière praticienne est obligatoire avant l’étape 5.

  1. Étape 1
    Activité limitée par les symptômes

    Activités quotidiennes qui ne provoquent pas de symptômes (p. ex. lecture légère, temps d’écran dans la tolérance). Objectif : réintroduction graduelle de l’activité cognitive et physique.

  2. Étape 2
    Exercice aérobique léger

    Marche, natation ou vélo stationnaire à faible intensité. Aucun entraînement en résistance. Objectif : augmenter la fréquence cardiaque.

  3. Étape 3
    Exercice propre au sport

    Exercices de course, exercices de patinage, frappe de coups sur le terrain sans adversaire. Aucune activité comportant un impact à la tête. Objectif : ajouter du mouvement.

  4. Étape 4
    Exercices d’entraînement sans contact

    Exercices plus complexes (p. ex. passes, schémas de jeu de pieds). Peut faire intervenir des coéquipiers. Objectif : exercice, coordination et charge cognitive.

  5. Étape 5 — autorisation médicale requise
    Entraînement avec contact complet

    Une autorisation écrite d’un médecin ou d’une infirmière praticienne est obligatoire avant cette étape. L’athlète participe à l’entraînement normal avec contact et un effort physique complet. Objectif : rétablir la confiance et évaluer les habiletés fonctionnelles.

  6. Étape 6 — autorisation médicale requise
    Retour à la compétition

    Retour complet au jeu compétitif. L’autorisation médicale de l’étape 5 doit demeurer valide. La documentation de toutes les étapes doit être conservée par le club.

CONSÉQUENCES DU NON-RESPECT

Sanctions en cas de non-respect

Le non-respect de la Loi Rowan expose les clubs sportifs de l’Ontario à des conséquences sur deux fronts simultanément :

Volet réglementaire

  • Le ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport de l’Ontario peut émettre des ordonnances de conformité contre toute organisation visée jugée en infraction de la loi.
  • Les organisations non conformes peuvent perdre l’accès au financement provincial du sport, aux subventions d’installations ou au statut de compétition sanctionnée.

Volet de la responsabilité civile

  • Dans toute réclamation pour préjudice corporel découlant d’un incident lié à une commotion cérébrale, un demandeur peut invoquer l’omission du club de suivre la Loi Rowan comme preuve directe d’un manquement à l’obligation de diligence — ce qui renforce considérablement les réclamations en négligence.
  • Les décharges de responsabilité signées par les parents offrent une protection affaiblie lorsque les protocoles légaux n’ont pas été suivis, car les tribunaux peuvent voir le non-respect comme une preuve de négligence systémique débordant la portée du libellé ordinaire d’une décharge.
  • De nombreuses polices d’assurance propres au sport incluent désormais le respect des protocoles sur les commotions cérébrales comme condition expresse de couverture — une attestation expirée ou une personne désignée manquante peut annuler la couverture pour l’incident en question.
QUESTIONS COURANTES

Foire aux questions

À titre informatif seulement — ne constitue pas un avis juridique. Consultez un avocat qualifié de l’Ontario pour la situation particulière de votre club.

La Loi Rowan s’applique-t-elle aux clubs de tennis et de badminton en Ontario?
Oui, pour la plupart des sports amateurs organisés. La Loi Rowan s’applique à toute organisation de sport amateur de l’Ontario où participent des athlètes de moins de 26 ans — y compris les clubs de tennis, de badminton, de patinage artistique, de golf, de soccer et de hockey. Il n’y a aucune exemption fondée sur le type de sport ou le niveau de contact. La question de savoir si un programme particulier (comme la danse récréative ou le yoga) constitue un « sport amateur » au sens de la loi dépend de sa structure et de ses affiliations; les programmes compétitifs affiliés à un organisme provincial de sport sont généralement considérés comme visés. En cas de doute, consultez un avocat qualifié de l’Ontario.
À quelle fréquence les athlètes doivent-ils signer l’attestation de commotion cérébrale?
La Loi Rowan exige une attestation annuelle des Ressources de sensibilisation aux commotions cérébrales de la province. Les athlètes de moins de 26 ans, les parents ou tuteurs des athlètes mineurs, les entraîneurs et les officiels doivent remplir l’attestation avant chaque saison de jeu — pas seulement une fois à l’inscription. Si une nouvelle saison commence et que l’attestation n’est pas renouvelée, le club est en infraction.
Que doit contenir un code de conduite sur les commotions cérébrales en vertu de la Loi Rowan?
Un code de conduite sur les commotions cérébrales en vertu de la Loi Rowan doit : (1) préciser le protocole de retrait du jeu de l’organisation et la personne désignée autorisée à le faire respecter; (2) renvoyer aux Ressources de sensibilisation aux commotions cérébrales de la province; (3) énoncer les étapes de progression du retour au jeu; et (4) être révisé et attesté annuellement par toutes les parties visées. Le ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport fournit un modèle que les clubs peuvent adopter ou adapter.
Qui est la « personne désignée » en vertu de la Loi Rowan?
La personne désignée est une personne identifiée par l’organisation sportive qui a l’autorité et la responsabilité de retirer immédiatement du jeu tout athlète soupçonné d’avoir subi une commotion cérébrale. La personne désignée n’a pas besoin d’être un professionnel de la santé — il peut s’agir d’un entraîneur, d’un administrateur ou d’un autre officiel du club — mais elle doit être identifiée par écrit dans le code de conduite sur les commotions cérébrales et doit comprendre le protocole de retrait du jeu.
Quel est le protocole de retour au jeu en vertu de la Loi Rowan?
Le protocole de retour au jeu est un protocole d’exercice progressif en six étapes : (1) activités quotidiennes limitées par les symptômes; (2) exercice aérobique léger; (3) exercice propre au sport; (4) exercices d’entraînement sans contact; (5) entraînement avec contact complet — exige une autorisation écrite d’un médecin ou d’une infirmière praticienne; (6) retour à la compétition. Un athlète ne peut passer à l’étape 5 ou 6 sans autorisation médicale écrite.
Que se passe-t-il si un club ne respecte pas la Loi Rowan?
Le non-respect peut entraîner : (1) des ordonnances réglementaires du ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport de l’Ontario; (2) une responsabilité civile accrue pour négligence — l’omission de suivre les protocoles de la loi constitue une preuve de manquement à l’obligation de diligence envers les athlètes; et (3) des complications d’assurance, car de nombreuses polices de responsabilité propres au sport exigent désormais le respect des protocoles légaux sur les commotions cérébrales comme condition de couverture.
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